OS : J'arrive, mon amour.
Ton corps en sang est emmené vers un endroit d'où il ne reviendra pas. Je te promet de venger ta mort avant
de te rejoindre. J'irais trouver cette pourriture et lui faire payer son crime. Pourquoi toi? Tu étais ma drogue et
mon oxygène. Tu étais mon sang et mon amant. On ne vit pas longtemps sans oxygène alors je ne tarderais à te
suivre dans cette autre vie. Cette vie où notre amour est accepté, malgré tout... Celle dans laquelle tu t'es
engouffré... Avec une porte bloquée de l'extérieur. C'est un chemin à sens unique, Je le sais. Mais, je le ferais,
pour toi. Je meure d'impatience à l'idée de te retrouver...
Deux jours... Deux longs jours et je vois la boite qui enferme ton corps descendre doucement sous terre. Je
hurle, mais tu ne reviens pas... Des bras m'encerclent et me tirent au loin. Ce sont les bras de notre beau-père.
Ceux de Gusgus et de Geo' se rajoutent à l'étreinte. Mère, elle, ne viendra pas. Elle restera à la maison à se
lamenter sur son sort. Ses fils étaient des homosexuels inscestueux... Mais personne n'est plus malheureux que
moi. Je t'aime, Bill. J'arrive... À l'image de mon état, le ciel a une couleur rougeâtre, les nuages sont gris, et
quelques goutes tombent sur les parroies de ton nouveau chez-toi. Pourquoi les enterrements ont toujours cette
image de pluie, de gris, de froid? Ici, il ne fait pas froid. Ou bien, c'est moi? Moi qui bouillonnerais... Le monde
commence à partir vers le buffet festif. Oui, les salauds ont organisés un buffet, malgré moi. Je leur avait
pourtant dis que je reffusais cette idée de fête. Moi, je préfère rester près de toi. Près de la malle maintenant
recouverte de terre. Je t'ai aimé, Bill. Je t'aime toujours. Personne ne remplacera jamais notre amour. Tu
pourras être fier de moi, je te le promet. Je repars vers la maison. Je ne pourrais plus vivre sans toi. Ce connard
le payera de sa vie. Je rentre dans ma chambre et commence à écrire. J'écris, j'écris, encore, encore. Je veux
qu'on exécute mes dernières volontés après ma mort. Je range la feuille dans notre bureau. Ce soir, je
dormirais seul dans notre lit. Demain, Je me laverais seul dans notre salle de bain... Je suis fou, à
coups sûrs... Mais cette folie s'appelle Amour, cette folie s'appelle Bill? C'est toi, mon ange, qui me faisais
vivre? Et, maintenant, c'est pour toi que je vais mourir. Je ne dors pas de la nuit. Demain, je retourne aux cours.
Ce salopard payera enfin.
Je me lève tôt, ce matin. Je me pare de mes plus beaux habits. Ceux que tu préfères, mon amour. À sept
heures du matin je suis déjà prêt. Je prends le couteau de la cuisine et sors, sans mot dire, de la maison
familiale. Je l'attend. Ses parents l'emmènent encore au lycée. Personne ne sait que c'est lui. sauf lui... Et moi...
N'est-ce pas mon ange? C'est toi même qui me l'as dit. Mais tu ne peux le dire qu'à moi, à présent. La mort
elle-même ne sépare des jumeaux. Ton corps n'est plus là, mais toi, tu es en moi. Ton coeur est le mien... Je
m'avance vers l'assassin de mon frère. Il sait que je sais. Mais il ne sait pas que ce que je vais lui faire est bien
pire que la mort elle-même. Il manque de s'évanouir lorsque je le bloque dans un coin, mon couteau contre son
ventre. Je ne prononce qu'une seule parole. Une parole explicite:
- Tu l'as tué, tu vas payer.
Il tente de fuir mon regard en gémissant sa peur. J'enfonce un peu le couteau dans sa chaire, puis, le retir. Je
recommence à plusieurs endroits de son corps.
- Déshabille-toi! , Je lui crie.
- Tu vas faire quoi? , Il me demande, appeuré.
Je ricane...
- T'humilier!
Ma haine me traverse, d'un coup. Je lui arrache son pantalon et descend son caleçon sur les chevilles. Je
m'écoeur de ce que je vais faire... Pour toi, bill. Il le mérite! J'aurais voulu que tu sois la dernière personne que
je vois avant mort. Mais tu seras la première personne que je verais après... Je veux qu'il souffre, comme moi j'ai
souffert... D'un seul coup je passe la lame sur cette chose qui lui servait à être un homme. Le sang coule à flot.
Je lui remonte son caleçon au plus vite pour ne pas vomir mes tripes devant un tel spectacle... Encore un coup
dans les genoux et je le laisse tomber au sol. Il hurle de douleur... Il faut que je l'achève vite... Même s'il n'a pas
souffert assez, selon moi. La lame retransperce son ventre et remonte vers son torse. Il ne pourra plus souffrir...
J'aurais dû le laisser vivant... Il aurait connu la véritable souffrance mais je n'ai pas su controler ma haine.
Désolé, mon ange... J'èspère que tu seras tout de même fier de moi... J'èspère que je t'ai bien venger. Je cours
vers chez moi avant que l'on ne me retrouve. En entrant, ma mère hurle à la vue de mes mains ensenglantées.
Je lui crie de se taire et de ne pas faire un geste. Elle pleure. Je me rince les mains et me dirige vers l'extérieur
du domicile sans oublier la bouteille de Rhum dans une main; Une lame de rasoire et... ma lettre, dans l'autre.
Je m'enfuis vers le milieu de la rue dans laquelle Bill a fini ses jours. J'ai déjà bu la moitié de ma bouteille. La
lame que j'avais à la main étaille ma peau sur au moins dix centimètres de mon avant bras. Ce serait
probablement assez comme ça. Mais je continue... Ma tête me tourne, Mon esprit quitte peu à peu la terre
ferme...
Je suis parti...
- Tu m'as manqué...
- Toi aussi, mon amour...
Tom Kaulitz ne n'éveillera pas, son corps sera retrouvé une dixaine de minutes après sa mort médicale. Il sera
enterré aux côtés de son amant, comme il le souhaitait. Leur mère fera déposer une pierre " Réunis à jamais... "
sur la tombe de ses fils. Avant que tous le monde s'en aille, elle tint à lire le mot qu'avait laissé son fils... Sa voix
s'éleva devant la foule. Une voix cassée de tristesse et de larmes.
- De Tom Kaulitz à tous ceux ici présent: " Si vous lisez cette lettre, c'est forcément que j'ai eu à vous la laisser.
Je suis surement déjà parti, à cet instant. Je sais que j'ai du décevoir nombreux d'entre vous mais que voulez
vous? On fait tous des conneries... Moi, j'ai fait le bon choix, en ce qui me concerne. Probablement pas pour
vous... Je ne pouvais pas laisser mon frère s'en aller sans moi. J'en étais éperdument amoureux. Je le suis
toujours... Je l'ai rejoint là où on s'en foutais tous de qui j'aimais... Au fond, on est mieux là-bas... J'ai vengé sa
mort; je pars la conscience tranquille... Laissez moi à ses côtés, nous vous surveilleront tous les deux de là-haut.
Je l'ai aimé, Je l'aime encore, je l'aimerais toujours... Merci... Merci Maman, tu m'as soutenu dans toutes
situations... Merci Papa, d'avoir été là lorsque nous étions perdu, lui et moi... Merci à vous, qui étiez là lorsque
lui et moi nous disputions... Merci.
Tom. "
Je tiens à dire que Tom était la personne la plus courageuse que je connaisse; Bill avec. Il a été pour Bill un
frère et un amant, surtout, parfait. Tom a survécu le temps de venger son frère. Mais l'un sans l'autre était
inconcevable. Je pourrais moi même ma qualifier d'assassin en sachant ce que j'ai fait... Rien. Non, je n'ai rien
fait. Je savais qu'il ne resterais pas beaucoup plus longtemps que son frère. Mais je ne l'ai pas retenu. Je
préfère le voir mourir ainsi que de le voir dépérir lentement sous mes yeux... Il serait mort coute que coute...
Autant qu'il ne souffre qu'un minimum... Ce sont mes deux fils que j'ai vu partir... L'un après l'autre. Je n'ai pas
été une mère exemplaire, non. Mais j'ai fait de mon mieux... Je leur demande pardon trop tard mais... Pardon.
Soyez heureux, ensemble.
Tom retrouva Bill, son bonheur, son Amour. Qui a dit " jusqu'à ce que la mort vous séparent. "? Ce n'est que
mensonge... La mort n'est rien comparé aux liens amoureux.
- Je t'aime, Bill
- Je t'aime aussi, Tom.